Nolwenn Le territoire du corps


"Le rite doit son existence à l'usage de la peinture du corps en couleur rouge"(Wernert, 1953)

Comme durant le Paléolithique, il y a plus de 10 000 ans, tu « embelli » ton corps pour marquer ton appartenance à la tribu, ta « famille », tu communiques avec tes semblables.
Comme les devins et les rois Luba, tu te peins, en signe de bonne volonté et de pureté. Tes couleurs changeront tout au long de ta vie et marqueront ton statut. Le blanc évoque la mort car il est tiré de la poussière d’argile prise directement dans la terre stérile. L’ocre rouge, à l’instar du sang, extrait du sol fertile, est symbole d’énergie vitale et de fécondité. Le noir, évoque la nuit menaçante et le chaos primordial, est signe d’impureté; pour les initiés, il symbolise le néant dont ils vont émerger. Tes teintes multiplient allégoriquement les enveloppes corporelles afin de te protéger de ta vulnérabilité native et est une meilleure appropriation de ton emballage charnelle.
Elles se rapprochent aussi du masque rituel dont elle anticipent ou prolongent la déshumanisation. En outre, lorsque toi et les tiens, rencontrez des « autres », vous saurez, par une lecture immédiate de leurs apparences, interpréter leurs intentions, pacifiques ou guerrières. la peau en tant que vêtement premier, les habits de la Nature.
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Un peu de la croûte terrestre encore dans la paume, la femme originelle couverte des flammes des origines, surgissait du fond des temps, pour nous demander de prendre soin du futur. Se donnant, se prenant, se levant, elle affirmait sa présence, peut-être pour une dernière fois. Je me dis, elle est semblable à moi, elle ressemble à l'Afrique. Par le vert dont elle est touchée, elle tient des plantes. Par le bleu, elle est similaire au firmament. Par le rouge, elle a des traits communs avec la latérite. Par les taches de blanc : elle figure les nuages et la semence de l'homme. Sur la nuit du fond, elle allait engendrer le cosmos.
Gaïa, ma vie ! .
Les tambours de paix résonnent dans sa poitrine
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La danse de la pluie va commencer, ainsi que le rappellent les dessins de nuages tachant sa peau et les nuances de feu parlant de la sécheresse, là bas, au pays. Elle est prête pour la transe qui apportera l’eau salvatrice. Elle, la sorcière sacrée, investie de la confiance des siens. Elle, le dernier rempart contre la souffrance et le passage vers « l’ailleurs ». Elle s’est colorié elle-même, seule, loin de tous, comme l’exige le protocole strict du cérémonial ancien. Bientôt, solaire, elle apparaîtra aux yeux de tous, ils s’agenouilleront aux pieds du totem humain sur les mains duquel apparaîtront les stigmates de la sainteté.
Bientôt, les larmes du ciel tomberont, éteignant les incendies surgis aux quatre coins du royaume.
Des filets d’eau se formeront, devenant rivières, puis torrents, emportant d’autre dépouilles encore. Les chants funèbres résonneront à nouveau.


Bien le bonjour !
Frédéric Karikese

  • Nolwenn * 2   lundi 21 juillet 2008 09:19
  • Merci Frédéric pour ces textes riches de connaissance qui éclairent ce travail avant tout instinctif. Je suis très honorée par cette attention.
    Nolwenn

  • Chantal Pinosa 2   samedi 26 juillet 2008 08:38
  • Reconnaissance instinctif pour une expression artistique instinctive...
    L'instinct ne trompant pas !

    Bravo Nolwenn pour ta recherche qui a inspiré d'aussi beaux mots à Frédéric !

    Lorsque deux artistes s'expriment en commun, il en ressort souvent de très grandes choses !

  •   dimanche 27 juillet 2008 20:35
  • Merci Chantal pour ton commentaire, c'est vrai que les mots de Frédéric sont magnifiques.

  •   samedi 29 novembre 2008 22:13
  • Comment ai-je pu passer à côté de cette petite merveille aussi longtemps?!
    C'est beau, c'est instructif, c'est délicieux! Excellente collaboration! Bravo! Bis!

  • John 2   jeudi 11 décembre 2008 23:03
  • Tiens? Le nom des auteurs des commentaires ne se mettent pas automatiquement ici?

  • Ludovic * 2   lundi 13 avril 2009 01:24
  • Si je comprend bien elle nous ramène la pluie.

  • John 2   mercredi 20 mai 2009 12:13
  • Je prends souvent plaisir à relire cette petite merveille (oui je sais je radote) cependant, quand c'est bon comme ça, ça donne des envies de se resservir : Oncle Ben projette-t-il de nous décoller les membranes à nouveau prochainement? :o)